La Banque d’Angleterre (BOE) chinoise fait face à des défis malgré son succès, ce qui a des répercussions sur les sociétés de mémoire CXMT et YMTC.

La Banque d’Angleterre (BOE) chinoise fait face à des défis malgré son succès, ce qui a des répercussions sur les sociétés de mémoire CXMT et YMTC.

Dans le secteur des hautes technologies, un succès fulgurant peut parfois engendrer des difficultés inattendues. Ce phénomène est particulièrement visible chez BOE Technology Group, le principal fabricant chinois de panneaux d’affichage. Malgré un chiffre d’affaires record, l’entreprise affiche des marges bénéficiaires extrêmement faibles. Si cette tendance se poursuit, elle pourrait bientôt connaître la même situation que les nouveaux fabricants chinois de mémoires tels que CXMT et YMTC.

Le parcours de CXMT et YMTC : suivre BOE dans une concurrence féroce et des marges réduites

L’analyse de la situation de BOE à travers différents indicateurs révèle une réussite commerciale. L’entreprise s’est imposée comme un fournisseur majeur de dalles OLED LTPS utilisées dans les derniers modèles d’iPhone, notamment l’iPhone 17e et les versions précédentes. De plus, elle réalise des progrès significatifs dans le secteur de la technologie OLED LTPO.

Actuellement, BOE contrôle environ 25 % du marché mondial des écrans, générant près de 30 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Toutefois, sa faible marge bénéficiaire de seulement 2, 7 % demeure un point préoccupant. Bien que BOE ne soit pas actuellement soumise à un régime de sanctions américaines concentré, elle peine à réaliser une croissance substantielle de son résultat net en raison de plusieurs facteurs :

  1. Le secteur des écrans, à l’instar de celui de la mémoire, se caractérise par d’importants investissements en capital. Chaque nouvelle génération d’écrans nécessite des investissements de 4 à 9 milliards de dollars, ce qui signifie que les bénéfices sont souvent réinvestis dans les cycles d’investissement futurs, limitant ainsi les possibilités d’accumulation de profits substantiels.
  2. La concurrence féroce sur le marché freine l’amélioration des marges. Si BOE reste le principal acteur en Chine, plusieurs autres fabricants mettent simultanément en place leurs propres lignes de production d’écrans OLED de génération 8.6.
  3. De plus, les six plus importants investisseurs de BOE sont des entreprises d’État chinoises qui privilégient la préservation des emplois et la stabilité de la chaîne d’approvisionnement plutôt qu’une rentabilité élevée.

L’analyse des cas de CXMT et YMTC révèle une similitude frappante : une forte présence des entreprises d’État, des investissements massifs et une croissance agressive des capacités de production. Selon UBS, les capacités de production liées à la mémoire en Chine pourraient augmenter de 120 000 à 130 000 plaquettes par mois dès cette année, et ce, jusqu’en 2027. CXMT, à elle seule, prévoit d’accroître sa production mensuelle de 200 000 à 300 000 plaquettes d’ici fin 2026.

Pour ne rien arranger, une grande partie de la technologie DRAM actuelle de CXMT serait basée sur une propriété intellectuelle obtenue illégalement, comme l’ont souligné plusieurs condamnations récentes pour espionnage en Corée du Sud.

Compte tenu de cette dynamique, il semble que BOE, CXMT et YMTC se dirigent à toute allure vers un avenir commun marqué par de féroces défis économiques, alimentés par le vaste appareil financier chinois, qui constitue leur unique source de soutien dans ce contexte autrement intenable.

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