L’ancien PDG d’Activision accuse Embracer d’être à l’origine du procès contre la fusion avec Microsoft ; Embracer riposte.

L’ancien PDG d’Activision accuse Embracer d’être à l’origine du procès contre la fusion avec Microsoft ; Embracer riposte.

Robert Kotick démissionne sur fond de controverses et de fusion avec Microsoft

À compter du 1er janvier 2024, Robert Kotick a officiellement démissionné de son poste de PDG d’ Activision Blizzard, suite à la fusion de la société avec Microsoft. Ces dernières années, sa gestion a fait l’objet d’un examen minutieux, notamment à la lumière d’articles du Wall Street Journal suggérant qu’il était au courant depuis longtemps de diverses allégations de harcèlement au sein de l’entreprise. Parmi ces articles figuraient de graves accusations à son encontre, notamment celle d’avoir laissé un message vocal menaçant à une assistante, accusation qualifiée d’« exagérée » par un représentant d’Activision Blizzard. De plus, il a été rapporté qu’il avait licencié une hôtesse de l’air pour avoir confronté le pilote au sujet d’allégations d’inconduite sexuelle.

Une plainte déposée par un fonds de pension accuse Kotick d’avoir précipité la vente pour éviter les scandales.

Le départ de Kotick s’inscrit dans un contexte marqué par une action en justice intentée il y a quatre ans par le fonds de pension suédois Sjunde AP-Fonden (AP7). Cette action allègue que Kotick, de concert avec le conseil d’administration d’Activision Blizzard, a précipité la vente de l’entreprise afin d’échapper aux scandales et aux responsabilités potentielles liés à sa culture d’entreprise. AP7 soutient que le conseil d’administration a manqué à son devoir de loyauté en privilégiant une sortie rapide au détriment du potentiel de croissance à long terme de l’entreprise. Le fonds de pension fait également valoir que le prix de vente convenu de 95 dollars par action était artificiellement bas en raison des controverses en cours qui affectaient le cours de l’action.

Kotick défend le prix de vente face aux accusations de mauvaise gestion

Pour défendre l’opération de fusion, Kotick soutient que l’offre de Microsoft, à 95 dollars par action, représentait une prime substantielle de 45 % par rapport au cours de l’action au moment de l’annonce de l’acquisition. Il a souligné qu’après 2022, les performances d’Activision étaient inférieures à ses objectifs à long terme, ce qui laisse penser que la vente était une décision judicieuse pour les investisseurs recherchant un retour sur investissement rapide.

Des allégations de collusion avec le groupe Embracer font surface

Un document récemment déposé contient une allégation controversée selon laquelle Kotick accuse un autre éditeur de jeux vidéo, Embracer Group, de collaborer avec AP7. L’équipe juridique de Kotick attribue des motivations cachées à cette action en justice, citant une série de conflits d’intérêts potentiels :

  • La vice-présidente du conseil d’administration d’AP7, Emma Ihre, occupait auparavant un poste chez Embracer, ce qui soulève des inquiétudes quant à son impartialité durant la procédure judiciaire.
  • Suite à la publication de la plainte d’AP7 le 9 novembre 2022, le cours de l’action d’Embracer a augmenté de 15 %, soulignant un avantage possible découlant du procès.
  • Le timing est crucial ; la plainte est intervenue peu avant l’annonce par Embracer de résultats financiers décevants et de retards dans la sortie de jeux importants, ce qui a eu un impact négatif sur le cours de son action.
  • Kotick suggère que cette action en justice pourrait être une tentative orchestrée pour affaiblir la présence d’Activision sur le marché et entraver ses capacités d’acquisition de talents.

Contre-arguments du groupe Embracer

En réponse aux allégations de Kotick, Embracer a fermement nié toute malversation, déclarant publiquement qu’il n’y avait eu aucune collusion ni conspiration entre elle et AP7. Sa déclaration officielle a insisté sur son indépendance et son absence de communication ou d’influence concernant la plainte déposée contre Activision Blizzard.

Conclusion : La bataille juridique se poursuit

La saga judiciaire impliquant Robert Kotick, Activision Blizzard et Embracer Group est toujours en cours, avec des répercussions importantes pour l’industrie du jeu vidéo. Acteurs et joueurs suivront de près l’évolution de la situation afin d’observer l’impact de cette affaire sur la gouvernance d’entreprise et la responsabilité dans le secteur.

Restez à l’écoute pour suivre l’évolution de cette histoire.

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