Dans un récent message publié sur X, Mustafa Suleyman, PDG de la division IA de Microsoft, s’est amusé des critiques qualifiant les technologies d’IA actuelles de « décevantes ».Il a évoqué avec nostalgie ses souvenirs d’enfance liés au jeu Snake sur un téléphone Nokia, affirmant que l’IA « super intelligente » d’aujourd’hui devrait être extraordinaire par ses capacités.
Cependant, nombreux sont les utilisateurs qui ne partagent pas son humour. Les commentaires sous sa publication révèlent une frustration importante face à l’intégration poussée de l’IA dans Windows 11. Il semblerait que si les utilisateurs apprécient une IA qui répond efficacement à leurs besoins, ils la détestent tout autant lorsqu’elle complique leur expérience.
Fonctionnalités d’IA dans Windows 11
Malgré les critiques entourant les initiatives de Microsoft en matière d’IA, Windows 11 introduit une multitude de fonctionnalités d’IA. Au premier plan figure Copilot, un outil d’IA similaire à ChatGPT, actuellement enrichi par des mises à jour, notamment le déploiement de GPT 5.1.
Intégrations IA essentielles : Copilot Voice et Copilot Vision
Microsoft a consacré beaucoup de temps au développement de Copilot Voice et Copilot Vision. Mon expérience personnelle avec ces deux fonctionnalités a été étonnamment positive. Copilot Voice s’active par la commande « Hey Copilot » et offre une réponse plus rapide que Gemini sur mon smartphone.

Pour mes requêtes quotidiennes, comme consulter l’heure à Londres ou convertir des devises, j’utilise Copilot Voice, notamment grâce à sa fonction d’arrêt automatique qui évite toute intrusion. De plus, Microsoft introduit une commande « Au revoir » permettant de désactiver rapidement Copilot Voice.
Copilot Vision, conçu pour analyser le contenu à l’écran et fournir des conseils contextuels, est une autre fonctionnalité intéressante. Cependant, ses performances peuvent être lentes, ce qui m’incite souvent à revenir à Copilot classique pour une assistance plus rapide. Il arrive qu’il interprète mal certains éléments de l’interface, ce qui peut être frustrant.
L’ambition de Microsoft est de transformer Windows en un système d’exploitation « agent ».L’introduction de Copilot Actions, initialement intégrée au navigateur Microsoft Edge, illustre cette vision. Sur le Web, Copilot Actions permet une interaction directe avec les sites web, facilitant des tâches telles que le remplissage de formulaires et les réservations sans intervention de l’utilisateur.
Présenté comme le premier navigateur IA pour entreprises, Edge propose désormais un mode agent capable d’exécuter des flux de travail complexes sur des sites autorisés. En analysant votre calendrier, vos tâches et votre historique de navigation, Copilot peut générer des récapitulatifs quotidiens et effectuer des comparaisons analytiques entre plusieurs onglets. L’activation de ce mode dans Edge est toutefois nécessaire.
Les fonctionnalités supplémentaires d’Edge, telles que le résumé de vidéos YouTube et la traduction vidéo, se sont révélées utiles dans le cadre de la recherche. Cependant, un nombre important d’utilisateurs restent attachés aux méthodes de navigation traditionnelles, ce qui peut engendrer une perception d’intrusion liée à ces améliorations de l’IA.
Mettant l’accent sur les ambitions de Microsoft en matière d’ergonomie, la nouvelle expérience Ask Copilot vise à remplacer la recherche Windows traditionnelle. Microsoft envisage une barre des tâches repensée comme un hub d’IA, avec des actions Copilot permettant d’assigner des tâches à des agents d’IA pour plus de simplicité d’utilisation.
L’une des fonctionnalités d’IA les plus remarquables de Microsoft est la fonctionnalité « Fonctionnalités agentiques expérimentales » de Windows 11. Ce bouton active les fonctionnalités de l’espace de travail de l’agent, l’accès aux outils locaux et un cadre pour le calcul agentique. Malgré la reconnaissance des risques d’hallucinations et des problèmes de sécurité, Microsoft reste déterminé à faire progresser cette technologie.
Par le biais d’Ask Copilot, Microsoft prévoit d’intégrer progressivement des agents internes et tiers, dans le but d’offrir une expérience utilisateur fluide.
De plus, une intégration avec l’explorateur de fichiers est en phase de test, permettant aux applications d’IA comme Claude et Manus d’accéder aux fichiers locaux pour des tâches telles que la synthèse de documents et la rédaction de présentations.
Microsoft conçoit Windows comme une « toile pour l’IA », permettant aux agents de gérer efficacement les données des utilisateurs et d’automatiser les tâches.
Refonte de l’IA : un regard critique
L’intégration systématique de l’IA dans toutes les applications Microsoft suscite des interrogations, notamment lorsque certaines fonctionnalités semblent superflues, comme c’est le cas pour le Bloc-notes. Les utilisateurs peuvent désormais utiliser Copilot pour reformuler ou modifier du texte, ce qui risque de compromettre la vocation première de l’application : la prise de notes.

L’explorateur de fichiers de Windows 11, déjà critiqué pour sa lenteur, a implémenté des fonctionnalités d’IA permettant une édition et une synthèse rapides des images, bien que ces améliorations puissent aggraver les problèmes de performance existants.
Même l’application Bing Wallpaper a adopté l’IA, bien que d’une manière jugée superflue par certains. Par ailleurs, la fonction de recherche visuelle de l’outil Capture d’écran rivalise avec Google Lens en termes de fonctionnalités.
En matière de productivité, plusieurs applications Microsoft 365, dont Outlook, OneDrive, Word, Excel, PowerPoint et OneNote, intègrent désormais des fonctionnalités Copilot facilitant la synthèse des e-mails, la génération de réponses et la création de présentations. Toutefois, cela soulève des questions quant à la sécurité des données pour les entreprises.
Malgré l’utilisation de Copilot dans OneNote — mon application préférée pour la prise de notes —, sa nouvelle puissance intégrée peut brouiller les frontières de l’effort cognitif personnel, ce qui soulève des inquiétudes quant à la dépendance de toutes les applications.

De plus, l’application Paramètres de Windows intègre désormais un modèle de langage léger nommé Settings Mu, conçu pour aider les utilisateurs à naviguer plus efficacement dans les paramètres système.
De plus, le Microsoft Store utilise des résumés des avis sur les applications générés par l’IA, aidant ainsi les utilisateurs à mieux comprendre les commentaires des utilisateurs sans avoir à parcourir de nombreux avis.
En conclusion, bien que plusieurs outils d’IA offrent des gains de productivité significatifs et soient disponibles sur diverses plateformes comme Android et macOS, Microsoft peine à communiquer efficacement leur valeur. Ce manque de communication engendre l’insatisfaction des utilisateurs vis-à-vis des implémentations d’IA.
L’opinion publique sur l’IA dans Windows 11
Si Mustafa Suleyman peut être perplexe face à la désapprobation des ambitions de Microsoft en matière d’IA, les utilisateurs ont clairement exprimé leurs préférences.
Un utilisateur a exprimé une préoccupation partagée : « Le problème, c’est que vous injectez une solution à un problème inexistant. Les gens n’en veulent pas.» De l’avis général, la critique porte moins sur la qualité de la technologie que sur son omniprésence dans des zones indésirables de Windows.
Le caractère intrusif de l’IA
Les entreprises technologiques ayant massivement investi dans l’IA se trouvent dans une situation délicate où un recul semble impraticable. La seule voie possible semble être d’inciter les utilisateurs à adopter l’IA, justifiant ainsi les investissements financiers antérieurs.
Les outils d’IA les plus performants fonctionnent discrètement, privilégiant les résultats plutôt que le marketing. La sur-promotion de l’IA, notamment par le biais de marques comme « Copilote », tend à susciter la réticence des utilisateurs, freinant ainsi l’appréciation générale des progrès réalisés.
Les réseaux sociaux critiquent souvent la communication de Microsoft concernant Copilot, et le scepticisme y est de mise. Bien que l’entreprise explore les agents d’IA via « Ask Copilot », l’adoption de telles fonctionnalités par le grand public reste incertaine.

Inquiétudes concernant l’IA et la protection de la vie privée
Le récent déploiement de la fonctionnalité Recall de Microsoft a mis en lumière les inquiétudes des utilisateurs concernant la protection de leur vie privée, contraignant le gouvernement à rendre cette fonctionnalité optionnelle. Malgré les assurances quant à son fonctionnement local et non via le cloud, le scepticisme demeure profond chez les utilisateurs, alimenté par des craintes plus générales liées à l’IA et à la protection de la vie privée.
Par ailleurs, la reconnaissance par Microsoft du risque de dysfonctionnement des agents d’IA a exacerbé les problèmes de confiance. Les signalements de vulnérabilités, notamment la sensibilité aux injections inter-invites et autres vecteurs d’attaque, érodent davantage la confiance des utilisateurs.
Nombre d’utilisateurs hésitent à faire confiance à un système d’exploitation doté d’agents d’IA capables d’accéder à des fichiers sensibles, en particulier lorsque des expériences passées ont engendré une méfiance envers le fonctionnement fondamental du système.
L’opinion générale des utilisateurs est que la perception négative de l’IA sous Windows ne tient pas à des lacunes technologiques. Elle découle plutôt du stress et de l’incertitude engendrés par ces innovations, faisant craindre que le système d’exploitation ne perde son caractère intrinsèquement centré sur l’utilisateur.
En définitive, Microsoft aurait tout intérêt à réévaluer l’état de Windows 11. Les critiques persistantes concernant ses problèmes de performances de base nuisent à son adoption par les utilisateurs. Pour favoriser l’adoption des technologies d’IA, Microsoft doit d’abord se concentrer sur la stabilisation et l’amélioration de son système d’exploitation, afin de garantir une expérience utilisateur rapide et fiable, comparable à celle de Windows 7.
Ce n’est qu’en renforçant les aspects fondamentaux de Windows que Microsoft pourra espérer cultiver un environnement plus réceptif aux technologies innovantes telles que l’IA.
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