La vision de Glen Schofield : revitaliser le développement des jeux AAA
Glen Schofield, célèbre pour avoir créé la série culte Dead Space et fondé Striking Distance Studios, à l’origine du jeu ambitieux The Callisto Protocol, partage une vision précieuse du secteur. Fort de son expérience, il évoque régulièrement son point de vue sur l’avenir du développement de jeux vidéo.
Réflexions sur les défis de l’industrie
Lors de récents entretiens, il a abordé sans détour les difficultés commerciales de The Callisto Protocol et exprimé ses inquiétudes quant à la complexité du développement des jeux AAA. Schofield souligne les défis rencontrés par les développeurs émergents, notamment dans le secteur des jeux AAA, où les éditeurs hésitent souvent à investir suffisamment pour créer des jeux de haute qualité.
Un chemin vers l’amélioration
Dans une récente interview accordée à GamesIndustry. Biz, il a partagé ses réflexions sur les facteurs susceptibles de redynamiser le développement des jeux AAA. Il affirme notamment que la présence d’un leadership compétent est essentielle. Si cette idée peut paraître simpliste, l’impact de la qualité du leadership est devenu de plus en plus évident suite à la pandémie de COVID-19, qui a entraîné une forte hausse des investissements dans l’industrie du jeu vidéo.
« Pendant la pandémie de COVID, nous n’arrivions pas à produire suffisamment de jeux AAA. Tout le monde voulait un gros jeu, car tout le monde était confiné chez soi à jouer aux jeux vidéo. Des milliards de dollars ont afflué dans l’industrie. Quand on reçoit autant d’argent, on finit inévitablement par le donner aux mauvaises personnes.»
— Glen Schofield
Identifier les lacunes en matière de leadership
Schofield développe la notion de leadership, expliquant que l’expression « personnes incompétentes » désigne souvent celles qui manquent d’expérience. Il remarque : « Je les observe (et j’en connais certains) et je me dis : “Il lui faudra dix ans, elle cinq ans avant d’être capable de faire ça.” On leur confie un studio et un jeu en même temps.» Selon lui, cette situation a engendré une mauvaise gestion et des occasions manquées d’innovation.
Responsabilités des talents créatifs et des investisseurs
La critique de Schofield ne se limite pas aux dirigeants inexpérimentés, elle s’étend également aux investisseurs. Il souligne l’importance d’une analyse approfondie lors de la sélection des talents créatifs. Prenant l’exemple de Bungie, il affirme qu’une évaluation insuffisante peut conduire à une surrémunération des mauvais profils.
« Le niveau de vérification des investisseurs est déplorable. Prenez l’exemple de Bungie ! Ils surpayaient et, dans bien des cas, ne rémunéaient pas correctement les personnes concernées. Il suffit de trouver la véritable personne créative, par opposition à celle qui se prétend créative.»
— Glen Schofield
Le rôle de l’IA dans le développement des jeux
Si Schofield insiste sur la nécessité d’identifier les véritables talents créatifs, il préconise également l’intégration de l’IA dans le processus de développement. Il reste toutefois sceptique quant à l’idée que l’IA révolutionnera le secteur comme certains le prétendent.
« J’entends dire que bientôt, grâce à l’IA, on pourra faire un jeu AAA avec seulement 20 personnes. J’aimerais y croire… On fait ça tous les jours, sans arrêt.»
— Glen Schofield
Insistant sur la complexité du développement de jeux, Schofield affirme : « Il faut être extrêmement subtil.» Il encourage les artistes à adopter les technologies d’IA, tout en les avertissant : « Dans cinq ans, les jeunes sortiront de l’école en maîtrisant l’IA, tandis que les artistes resteront passifs et résisteront au changement.»
Accepter le changement malgré la controverse
Les opposants à l’IA de génération évoquent souvent son impact sur l’intégrité artistique. Comme le soulignait le rapport GDC State of the Game Industry Report 2026, de nombreux développeurs se sentent contraints d’utiliser des outils d’IA sous peine de perdre leur emploi.
L’équilibre entre créativité et technologie
Schofield affirme que si l’IA peut rationaliser les processus de développement et réduire les coûts, elle ne peut remplacer la créativité authentique. Il déclare : « On n’entend parler que de la nécessité de réduire les coûts de développement… Or, le mot “créativité” est totalement absent de ces discussions.Il faut être créatif 99 % du temps.»
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